Concepts et conventions

La conception d’un cadre organisationnel, notamment la Classification nationale des professions (CNP) repose sur l’utilisation de concepts clairs et définis et l’adoption de conventions. Ces concepts et conventions permettent de recueillir des renseignements pour ensuite les regrouper dans la classification.

Critères de classification de la CNP

La grande catégorie professionnelle et le niveau de compétence sont les deux principaux critères utilisés aux fins de la classification de la CNP. D’autres facteurs, tels que le secteur industriel et la mobilité professionnelle, sont également pris en considération.

Grande catégorie professionnelle : Elle représente le genre de travail effectué, le domaine d’étude ou l’industrie d’emploi lorsque de l’expérience professionnelle particulière à cette dernière s’impose pour percer la profession concernée. Il s’agit du premier chiffre d’un code de la CNP.

Niveau de compétence : Il s’agit d’un vaste regroupement d’éléments afférents à la scolarité, à la formation et à l’expérience de travail, ce qui tient compte également de la complexité des tâches et des responsabilités de l’emploi visé. Le deuxième chiffre d’un code de la CNP représente le niveau de compétence.

Concepts de la CNP

Appellation d’emploi : Il s’agit du nom de l’emploi ou du poste concerné.

Profession : Elle désigne un ensemble d’emplois qui sont suffisamment analogues sur le plan du travail exécuté. Un emploi englobe toutes les tâches exécutées par un travailleur dans le cadre de ses fonctions.

Groupe de base : Il représente une ou plusieurs professions regroupées dans la CNP. Il représente également le code à quatre chiffres de la CNP.

Groupe intermédiaire : Il s’agit du domaine de la profession visée (domaine professionnel). Il regroupe plusieurs groupes de base, ce qui représente le code à trois chiffres de la CNP.

Grand groupe : Il s’agit des grandes catégories professionnelles et des niveaux de compétence d’une profession. Le grand groupe englobe plusieurs groupes intermédiaires et représente ainsi le code à deux chiffres de la CNP.

Conventions de la CNP

Les conventions adoptées pour harmoniser la classification sont discutées ci-après.

Professions de la gestion

Les professions de cadres posent un problème particulier concernant la fiabilité de la codification des réponses aux enquêtes sur les professions. Dans de nombreux cas, peu de renseignements sont fournis sur le niveau de responsabilité, la taille de l’entreprise, la division gérée ou le domaine de spécialisation.

Les cadres supérieurs (grand groupe 00) ont été répartis en six grands groupes, selon le secteur d’activité.

Les cadres intermédiaires et autres directeurs sont divisés en trois grands groupes, 18 groupes intermédiaires et 42 groupes de base selon la spécialisation (p. ex., groupe de base 0113 – Directeurs/directrices des achats) ou de l’industrie (p. ex., groupe de base 0132 – Directeurs/directrices des services postaux et de messageries). Dans certains cas (p. ex., groupe de base – 0731 Directeurs/directrices des transports), les groupes définis par l’industrie comprennent aussi ceux des gestionnaires de cette spécialisation, peu importe leur secteur d’emploi.

Les directeurs sont habituellement classés dans la grande catégorie professionnelle 0 Gestion. À l’intérieur de cette catégorie, les cadres supérieurs au sommet d’une hiérarchie de gestion (p. ex. Présidents, Directeurs généraux, etc.) sont classés dans le grand groupe 00 – Cadres supérieurs/cadres supérieures.

Les directeurs spécialisés dans un domaine particulier de gestion (p. ex. ceux de la gestion des ressources humaines) sont classés en fonction de leur spécialité dans le grand groupe 01-05 – Cadres intermédiaires spécialisés/cadres intermédiaires spécialisées. Toutefois, les cadres supérieurs ayant une responsabilité de spécialiste seraient classés avec les cadres supérieurs dans le grand groupe 00 – Cadres supérieurs/cadres supérieures.

Nous avons tenté de regrouper une bonne partie des directeurs de petites entreprises en classant les directeurs de commerce de détail, de restaurants, d’hôtels et d’établissements semblables dans un grand groupe distinct, soit celui du grand groupe 06 – Cadres intermédiaires dans le commerce de détail et de gros.

Les autres directeurs sont classés selon le type d’entreprise gérée à l’intérieur du grand groupe 07-09 – Cadres intermédiaires des secteurs des métiers, du transport, de la production et des services d’utilité publique.

Propriétaires

En règle générale, aux fins de la classification, on ne tient pas compte de la catégorie de travailleur, c’est-à-dire si le répondant est salarié ou travailleur autonome.

Une exception est faite concernant les propriétaires dans les secteurs du commerce de détail, des services de restauration et d’hébergement et de la construction domiciliaire, lesquels sont classés comme directeurs/gestionnaires dans les groupes de base suivants :

  • 0621 – Directeurs/directrices - commerce de détail et de gros
  • 0631 – Directeurs/directrices de la restauration et des services alimentaires
  • 0632 – Directeurs/directrices des services d’hébergement
  • 0712 – Gestionnaires en construction et rénovation domiciliaire.
Entrepreneurs

Les entrepreneurs sont classés dans plusieurs endroits de la classification. Les entrepreneurs généraux en construction sont classés dans le groupe de base 0711 – Directeurs/directrices de la construction. Les entrepreneurs en rénovation et en construction sont classés dans le groupe de base 0712 – Gestionnaires en construction et rénovation domiciliaire.

Les entrepreneurs spécialisés dans un métier particulier, comme ceux de la plomberie, l’électricité, la menuiserie, etc., sont classés avec les contremaîtres et contremaîtresses dans le groupe de base correspondant au métier concerné. Autrement dit, un entrepreneur en plomberie est classé dans le groupe de base 7203 – Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses en tuyauterie.

Surveillants et contremaîtres

Les surveillants/surveillantes et les contremaîtres/contremaîtresses ont généralement été classés au niveau de compétence B.

Dans la plupart des cas, les emplois professionnels et techniques sont respectivement supervisés par du personnel en gestion ou du personnel professionnel. Toutefois, les surveillants/surveillantes des groupes professionnels et techniques sont généralement classés dans les mêmes groupes de base que les professions supervisées.

Les surveillants/surveillantes des catégories professionnelles suivantes ont été classés dans des groupes de base ou des groupes intermédiaires distincts de ceux des travailleurs supervisés :

  • Professions en services administratifs;
  • Professions en soins infirmiers;
  • Professions en vente et services;
  • Métiers et transport et opérateurs d’équipement;
  • Professions des ressources naturelles et de l’agriculture;
  • Professions dans le secteur de la fabrication et des services d’utilité publique.

La plupart des groupes intermédiaires et des groupes de base des catégories professionnelles ci-dessus comportent un groupe de supervision correspondant. À l’occasion, comme dans le groupe intermédiaire 431 – Personnel des services de protection publique de première ligne, la supervision est assurée par des gestionnaires, et il n’y a pas de groupes de supervision correspondants dans le grand groupe 43.

Lorsqu’il n’y a pas de groupe de base distinct, les surveillants/surveillantes sont classés avec les travailleurs qu’ils supervisent. Par exemple, dans la plupart des grands groupes professionnels, il n’y a pas de groupe de base distinct pour les surveillants/surveillantes, sauf pour le groupe de base 3011 – Coordonnateurs/coordonnatrices et superviseurs/superviseures des soins infirmiers.

Une règle semblable s’applique aux professions techniques, et il n’y a pas de groupes de base distincts pour les surveillants dans ce domaine.

Même lorsqu’il existe un groupe de base distinct pour les surveillants, les «chefs d’équipe» n’y sont pas classés, car des recherches ont révélé que la surveillance ne représente habituellement qu’une petite partie des fonctions rattachées à ce genre d’emploi.

Métiers

Les métiers pouvant faire l’objet d’un apprentissage sont tous inclus dans le niveau de compétence B. Leur inclusion ne signifie pas qu’il existe une équivalence exacte de compétences entre tous les métiers, mais plutôt que ces métiers appartiennent à un ensemble qui se situe dans les limites de cette catégorie de niveau de compétences. Des renseignements sur les exigences d’entrée sont fournis dans chaque description de groupe de base.

Contrôleurs, échantillonneurs et trieurs

En général, les contrôleurs devant avoir fait des études postsecondaires ont été classés dans des groupes de base distincts correspondant au niveau de compétence B ou dans des groupes réunissant des techniciens et technologues et correspondant également au niveau de compétence B. Les contrôleurs, vérificateurs, trieurs et échantillonneurs non techniques ont été classés soit dans des groupes de base distincts qui englobent des professions dans les industries de la transformation, soit dans les groupes de base des monteurs et des fabricants dans les industries de la fabrication. Cette situation reflète les tendances de l’emploi dans les secteurs d’activité et de la responsabilité croissante des travailleurs de l’industrie manufacturière à l’égard du contrôle de la qualité.

Apprentis et stagiaires

Les apprentis et les stagiaires ont été classés dans les groupes de base englobant les emplois pour lesquels ils sont formés. De même, les internes en médecine et les stagiaires en droit sont classés dans leurs groupes professionnels respectifs.

Cette convention a été adoptée en vue de prévenir la prolifération de groupes de base d’apprentis. Elle ne signifie pas qu’il existe une équivalence ou une interchangeabilité entre les apprentis ou les stagiaires et les travailleurs pleinement qualifiés.

Aides

Les aides sont habituellement considérés comme des manœuvres. La plupart des aides se retrouvent dans les métiers de la construction, comme aide-menuisier, aide-maçon, aide-couvreur, etc. Il ne faut pas confondre ces emplois avec les métiers d’apprentissage officiels; on ne classe pas les aides avec les personnes des métiers, mais plutôt dans le groupe de base 7611 – Aides de soutien des métiers et manœuvres en construction.

Manoeuvres

Les manœuvres sont classés dans des groupes de base distincts, soit dans les grands groupes suivants :

  • 76 – Personnel de soutien des métiers, manœuvres et aides d’entreprise en construction et autre personnel assimilé
  • 86 – Manœuvres à la récolte, en aménagement paysager et en ressources naturelles
  • 96 – Manœuvres dans la transformation, la fabrication et les services d’utilité publique
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